Les différents types de firmes de VCs et la nomenclature des tours de financement

Dans l’article précédent, nous avons eu un aperçu sur les différents types de profils dans une firme de VC. Tout comme nous avons différents profils de personnes dans une firme de VC, nous avons aussi différents types de firmes de VCs. Pour un entrepreneur,comprendre ces différences sera important lorsqu’il s’agira d’identifier des investisseurs pour une levée de fonds.
La nomenclature des tours de financement
Vous avez sûrement entendu parler de Series A, Series B, Series Seed ou même Series Pre-Seed, Series B-2…. Au début, une Series A (je laisse Series tel quel comme on l’écrit en anglais dans tout l’article)était le nom donné à une première levée, Series B la levée suivante, après Series C pour le prochain tour ainsi de suite…
À un moment un type d’investisseurs étaient beaucoup plus impliqués dans les investissement early-stage, ils ont décidé qu’il fallait un nom pour désigner les investissements qu’ils faisaient afin de se différencier des autres investisseurs et qu’il fallait une lettre avant la lettre A car la Series A était la première levée (que ce soit pour des startups en early-stage ou pas. ).Il a donc été convenu d’appeler ces types d’investissements Series Seed, et ces types d’investisseurs préféraient être appelé des early-stage investors. De nos jours, il se peut que vous entendiez Pre-seed Round, qui est le nom donné à une levée qui précède une Series Seed.
Au même moment les startups ne voulaient pas aller trop loin avec les lettres lors de leurs différentes levées, imaginez une startup qui se pointe chez un VC pour faire une Series M 😅, la première question du VC serait : “qu’est-ce qui n’a pas marché chez ces mecs!”. Afin d’éviter cela, la solution qui a été trouvée est la suivante : si un investisseur (disons Partech par exemple) fait un investissement de 10 millions en Series B dans une startup, et décide de rajouter 6 millions US $ lors d’une levée suivante dans la même startup, au lieu que cela soit une Series C, on dira que c’est une Series B-1 , s’il en fait un autre de 5 millions US $alors cela devient une Series B-2, ainsi de suite jusqu’à ce qu’un autre fond d’investissement décide de faire un investissement de 15 millions US $par exemple pour que cette startup puisse passer à sa Series C.
Ce qui est important à retenir ici est que cette nomenclature permet d’identifier plus simplement à quel stade se situe une startup, et quel type de firme de VCs serait idéale lors d’une levée de fond. De façon générale, Pre-Seed, Seed, et la Series A concernent les startups early-stage, Series B et C pour les startups mid-stage, enfin à partir de Series D pour les startups later-stage.
Les différents types firmes de VCs
Les firmes de VCS se différencient par rapport aux tours de financements dans lesquels elles interviennent. Il est inutile de chercher à rentrer en discussion avec des VCs si on ne maîtrise pas les différences entre les firmes de VCs, il n’est pas rare de voir des startups en early-stage qui ont besoin de 250K US $ par exemple chercher à entrer en discussion avec des firmes qui investissent au minimum 1 million US $. Ci-dessous les différents types de firmes de VCs:
- Nous avons les petites firmes de VCs qu’on appelle micro VC funds, ces firmes ont souvent un seul General Partner, et qui sont pour la plupart d’anciens angel investors qui après ont montés leur propre fond d’investissement pour investir leur propre argent ainsi que celui d’autres personnes. La taille des fonds dont dispose les micro VCs est généralement inférieure à 15 millions US $. Ils investissent souvent aux côtés d’autres micro VCs, angel investors…presque exclusivement dans les startups qui sont en seed et early stages.
- Les seed-stage funds, qui sont génaralement plus grand que les micro VCs en terme de fonds disponible, ils peuvent aller jusqu’à 150 millions US $. Ils investissent rarement au-delà de la Series A. Ils sont souvent les premiers investisseurs à être dans le board des startups dans lesquelles ils investissent, une startup doit être donc consciente qu’elle sera liée à ce type de firme même au delà de la levée.
- Ensuite viennent les early-stage funds qui ont entre 100–300 millions US $, à investir dans les startups en seed-stage et Series A, mais des fois, ils peuvent s’impliquer aussi dans des Series B. Partech (Africa ) par exemple fait partie de cette catégorie (à moins que Tidjane Deme, un des General Partners de Partech ne dise le contraire 😄).
- Les mid-stage funds qui sont souvent appelés growth investors investissent souvent à partir des Series B et les tours qui suivent. Ils sont surtout intéressés par des entreprises qui tournent déjà et qui ont besoin de capital pour accélérer leurs croissances. Ces firmes gèrent entre 200 millions US $ et 1 milliard US $.
- Enfin, on a les late-stage funds qui sont sollicités par des boîtes qui marchent et font leur dernière levée avant une éventuelle introduction en bourse (IPO), donc ils font un investissement pre-IPO. Dans cette catégorie à part les firmes de VCs, on peut avoir des fonds souverains, des crossover investors qui investissent sur le marché des actions public, des fonds associés aux grosses banques.
Il est important de préciser que certaines firmes peuvent se retrouver dans plusieurs catégories,par exemple une firme disposant de plusieurs centaines de millions US $ peut avoir plusieurs programmes qui investissent dans des startups en early-stage, d’autres firmes peuvent avoir des programmes dédiés à chaque étape d’une startup depuis le early-stage au mid-stage par exemple.
L’erreur que commettent souvent les entrepreneurs est de cibler des firmes qui ne sont pas du tout pertinentes pour eux par rapport au stade où se trouvent leurs startups. Un entrepreneur qui a besoin d’un fond d’amorcage peut perdre son temps à chercher à entrer en contact avec Partech qui pour le moment a fait des investissements dans des boîtes qui ont déjà un business model clair et un business qui tourne. Il n’est pas rare de trouver des programmes qui promettent/proposent des “voyages de pitch” aux entrepreneurs pour aller lever des fonds, dans le pool de startups on retrouve des startups qui ne sont pas du tout homogènes aller pitcher aux mêmes investisseurs, ce qui est très incohérent.
Si vous êtes une startup qui a déjà trouvé son market-fit, fait des revenus, a une croissance, et que vous vous trouvez dans un programme avec une startup qui n’a même pas un MVP et on vous promet à tous que vous irez pitcher pour lever des fonds, commencez à vous renseigner sur les types d’investisseurs que vous allez voir, et aussi sur la compétence réelle des organisateurs de ses programmes.
Pour finir, toutes personnes se posant des questions sur le fait que Partech dont Tidjane Deme est un des General Partners n’a pas encore investi en Afrique Francophone est que sûrement très peu de startups pour le moment correspondent à leurs critères. Il nous faut donc plus de micro VCs, plus de réseaux d’angel investors comme le Angel investment network lancé au Bénin. Plus on aura des investisseurs (locaux) qui investissent dans les startups avec des tickets de 25, 30, 100K US $ (et plus ) , plus on aura des startups prêt à absorber des montants en millions de dollars et à ce moment, on pourra profiter des Partech & co…